Les Franciscains ont comme fondateur saint François d’Assise, qui leur a donné un genre de vie, résumé dans une Règle. Les contours de ce projet sont décrits aussi dans des Constitutions générales. Il existe des versions de ce projet, en rapport avec les besoins d’aujourd’hui, comme la Vocation de l’Ordre aujourd’hui (Assise 1967) et L’évangile nous interpelle (Bahia 1983).

frere franciscain

Dans la pratique, ce projet de vie franciscaine est vécu par les frères selon des formes diverses, selon les lieux, les âges, les besoins ambiants, etc. Mais toujours la foi chrétienne, soutenue par la prière, est posée comme première exigence. Les diverses dimensions du projet franciscain sont les suivantes: vie contemplative, vie fraternelle, option préférentielle pour les pauvres et évangélisation par la mission. Elles s’enracinent dans les mots mêmes que François plaçait en tête de sa Règle: vivre le saint Évangile de Notre Seigneur.

Quelques chiffres

Dès le vivant de saint François, il y avait cinq mille frères. De 12 en 1209, ils passèrent à ce nombre en 10 ans. En 1300, ils étaient quarante mille; en 1500, soixante mille; à la veille de la révolution française de 1789, cent mille. En cette fin du 20e siècle, le Premier Ordre de saint François compte environ trente-six mille frères (20 mille Franciscains, 12 mille Capucins, 4 mille Conventuels).

Les fils de François d’Assise prirent des noms divers au cours des siècles: Franciscains, Capucins, Conventuels, Observants, Réformés, Déchaussés, Alcantarins et … Récollets. Ce dernier nom nous plonge aux origines de l’histoire de notre pays.

1615-1629 présence de 14 ans

Les Récollets débarquèrent à Québec avec Champlain, en 1615. Ils y demeurèrent 14 ans, jusqu’à la conquête de Québec par les frères Kirke en 1629.

1670-1848 présence de 178 ans

Après une absence de 40 ans, les Récollets revinrent en 1670, s’établissant dans la basse-ville de Québec, où l’Hôpital Général perpétue leur passage. Puis, sur le Cap Diamant, ils érigèrent un couvent qui subit l’incendie, entre l’actuel Château Frontenac et la rue du Trésor, où s’élève un monument aux Récollets.

La Gaspésie, Terre-Neuve et Montréal les reçurent. Frère Didace Pelletier, charpentier diplômé, construisit des chapelles à divers endroits, notamment à Trois-Rivières (site de l’église anglicane), à Ste-Anne-de-Beaupré et sur l’île Bonaventure, en face de Percé.

Les Récollets furent 370, durant cette période, à s’occuper de la pastorale dans les Forts et dans plus de cent paroisses sur les bords du fleuve St-Laurent. Octave Crémazie a écrit son poème fameux «O Carillon» en l’honneur des fils de saint François. Mais les conquérants Anglais de 1759 défendirent aux communautés d’origine européenne de recruter; c’est vers 1830 que s’éteignit au Québec le dernier Récollet.

1890 à aujourd’hui: plus de 100 ans de présence

Le retour des Franciscains au Canada a été préparé par l’Ordre franciscain séculier et par le Père Frédéric Janssoone, de passage au Canada dès 1881. Les Franciscains sont arrivés à Montréal en 1890, à proximité de l’actuel couvent du boulevard René-Lévesque. Depuis, ils se sont répandus dans tout le Canada, en y vivant le charisme franciscain.

Caractéristiques des Franciscains

Les Franciscains ne sont pas des moines, mais des religieux issus d’un groupe appelé Ordres Mendiants. Ils ne sont pas un Ordre contemplatif, même si l’accent est mis fortement sur la prière, la vie avec Dieu et même l’ermitage. Ils ne sont pas non plus purement actifs. C’est un évangélique mélange des deux formes typés de la vie religieuse: contemplatifs et actifs.

Ils s’appellent frères entre eux, même si plusieurs sont aussi prêtres. François veut que ses frères aient mêmes droits et mêmes devoirs. Ils ont à leur tête un provincial qu’on appelle ministre, et un supérieur qu’on nomme gardien. Ces mots signifie quelqu’un qui les sert et qui prend soin d’eux. Ils habitent des maisons appelés couvent (signifiant rassemblement; le mot monastère est impropre et est réservé aux maisons des Clarisses).

A travers les siècles et les pays, l’Ordre franciscain a vécu des valeurs particulières: pauvreté, simplicité, humilité, justice, paix et joie, émerveillement face à Dieu, aux personnes et à toute la création, etc.

Principaux champs d’engagement évangélique

Les Franciscains n’ont pas de tâche déterminée dans l’Église, si nous entendons par là des secteurs précis et exclusifs d’engagement. Ils n’ont pas été rassemblée pour une Oeuvre spécifique, ni pour faire des oeuvres. C’est selon les besoins des époques diverses qu’ils ont fondé et tenu des lieux de pèlerinages, des aumôneries, des paroisses, des camps d’été, des revues, etc.

Le véritable but de leur rassemblement en fraternité, c’est de suivre les traces du Christ Jésus, pour vivre une fraternité vivante et vraie, basée sur l’esprit de prière, auquel est subordonné tout travail. C’est d’être une cellule d’Église, ouverte à tous et engagée en Église pour le monde actuel, surtout envers les plus défavorisés. Une fois compris et vécu, cet objectif missionnaire incite chaque frère à s’occuper à un travail honnête selon ses capacités et ses goûts… et selon les besoins.

Ils peuvent s’adonner à tous genres de travail honnête, selon les urgences de l’heure: travail pastoral, social, communautaire, éducatif, missionnaire, etc. Ils apportent leur pierre à la construction d’un monde nouveau. Il se trouve chez les Franciscains des animateurs sociaux, des infirmiers, des cuisiniers, des prédicateurs, des curés, des catéchètes, des professeurs, des journalistes, des secrétaires, des mécaniciens, etc. Il n’existe que deux oeuvres que les Franciscains doivent assurer: la Terre Sainte et les Missions.

La Terre Sainte

Depuis le 21 novembre 1342, la garde des Lieux Saints (endroits sanctifiés par le passage du Christ) a été confiée aux Franciscains par le Saint-Siège. Environ 400 frères font partie de la Custodie de Terre Sainte, depuis plus de six siècles, et sont répartis en 64 maisons et 21 sanctuaires. Leur travail s’étend aussi à 40 paroisses, 30 écoles, 6 collèges et 8 hôtelleries pour pèlerins. Notre Province a toujours eu 4 ou 5 frères en Terre Sainte.

Les Missions

La Province St-Joseph de l’Est du Canada a fondé des missions en pays lointains: la Chine, le Pérou, le Japon, la Corée. Présentement les missionnaires Franciscains sont surtout au Pérou (une trentaine, en une dizaine de postes) et en Afrique (une demi-douzaine, oeuvrant pour le Projet-Afrique, lancé par le Ministre général de l’Ordre.

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Une vie consacrée

Les frères promettent d’appliquer dans leur vie les valeurs évangéliques et d’initier des projets de solidarité en lien avec leur milieu. Les frères s’engagent également à observer l’Évangile, à vivre dans l’obéissance, sans bien en propre et dans la chasteté : c’est ce que l’on appele des voeux

La pauvreté évangélique signifie être pauvre dans tout ce qu’on peut entreprendre, à cause du Christ. C’est recevoir tout de Dieu dans la reconnaissance et être sans prétention. C’est aussi partager par choix la condition des gens ordinaires et des pauvres.

L’obéissance évangélique, c’est être disponible et fidèle aux appels de Dieu et à la mission qu’il te désigne. C’est discerner, avec des frères dans la foi, la volonté du Seigneur sur toi. C’est s’associer à l’obéissance parfaite de Jésus à son Père et prendre le relais dans l’oeuvre de libération qui a été la sienne.

La chasteté évangélique, c’est se donner tout entier au Christ, dans un engagement total pour ses frères et soeurs. C’est donner tout son poids à la relation humaine désintéressée. C’est ouvrir son cœur à tout et à tous, dans la confiance.

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